• Superman est prévenu : la kryptonite existe

    CRISTAL. Le krypton existe. C'est un gaz rare (on dit aussi "noble"), dont le nom a inspiré celui de la planète d'origine de Kal-El, alias Clark Kent, alias Superman. Il a longtemps été considéré comme chimiquement inerte, c'est-à-dire que ses atomes sont incapables de créer les liaisons nécessaires à la formation de molécules dans des conditions d'atmosphère et de pression normales. Mais les avancées des connaissances à la fois en physique quantique comme dans celle des hautes pressions permettent de s'affranchir de ces limites. Dans ce contexte, deux scientifiques polonais sont parvenus à mettre au point la formule du premier composé cristallin à base de krypton et d'oxygène. Attention, cette "kryptonite" ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval. Elle ne peut se former qu'à partir de pressions monstrueuses, de l'ordre de 3 à 5 millions d'atmosphères.

    Kryptonite ou kryptoxyde ?

    Ces ordres de grandeur sont certes impressionnants, ils peuvent être atteints en laboratoire, à l'aide d'enclumes en diamant. Reste une question : cette kryptonite polonaise est-elle compatible avec celle des comics ? Dans les bd ayant vu naître l'homme d'acier, ce minéral, qui est son talon d'Achille, provient des débris de sa planète d'origine. "Dans l'état actuel de nos connaissances, la pression nécessaire à former un tel cristal n'existe que dans le noyau des planètes. C'est-à-dire au seul endroit où ni l'oxygène ni le krypton ne peuvent exister," explique le docteur Patrick Zaleski-Ejgierd de l'Académie des sciences de Varsovie.

    Dire cela, c'est néanmoins ne pas prendre en compte la taille hypothétique de la planète Krypton. Selon les calculs de Roland Lehoucq (CEA) reliant la force de Superman sur Terre à la gravité de sa planète d'origine, la planète Krypton des comics devrait avoir une masse équivalente à 1/12 de celle du Soleil. De là à rêver que la pression au sein du manteau soit suffisante pour créer le funeste cristal, il n'y a qu'un pas, que les fans franchiront sans doute ! Il n'en reste pas moins que les chimistes polonais pointent un autre problème, sémantique celui-là. "Selon les conventions du comics, l'utilisation d'oxygène et pas d'azote devrait valoir au composé le nom de krypto... xyde. Si Superman lit ceci, il peut encore garder son calme. A l'heure actuelle, il n'existe aucune raison de paniquer," s'amuse Patrick Zaleski-Ejgierd. Rien n'est moins sûr : l'univers du super héros est parsemé de tellement de cristaux différents qu'un monoxyde de krypton y trouverait certainement sa place.

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